Le super héros de tes angoisses

J’avais remarqué dans tes grands yeux bleus les signes d’un besoin insatiable de vouloir bien faire, de ne pas décevoir, de dessiner dans les lignes avec les bons crayons sans laisser de blanc… Au sens propre comme au figuré, car tu as déjà fait une crise d’anxiété pour un magnifique dessin fait de la mauvaise couleur. Et tu as figé comme un chevreuil devant la lumière du regard du professeur prise au dépourvu devant ta réaction démesurée. J’ignore à quel moment tu t’es convaincu du pire à chacune de tes petites actions qui dépassent ta limite imaginaire. À quel moment dans ton esprit d’enfant les petites erreurs d’enfants sont devenues des montagnes? Tous les gens que tu as rencontrés t’ont toujours adopté dès le premier instant. Cette facilité à être aimer te met-elle un poids sur les épaules? Puis il y a eu cette coupure à cause du méchant virus. L’anxiété a fait grandir ses racines dans ton petit corps, et je te vois lutter pour que malgré tout au bout il pousse une fleur et non une mauvaise herbe à la surface. Tu luttes chaque jour comme un super héros contre tes crises. Tu arrives de l’école fière de toi. Sauf ce soir. Tu as fait un dégât d’eau, ce n’est pas très grave. Ce n’est pas irréversible, irréparable. Mais pour toi, c’est dérangeant. Ça a monopolisé l’enseignante. Tu as attiré l’attention d’une mauvaise façon. Tu as fait quelques choses de « pas correct ». Laisse-toi une chance d’être un enfant. Et tu me demandes : « Est-ce que je suis un super héros quand même, même si j’ai fait une autre crise d’angoisse?»

Évidemment que tu es un super héros, car tous les jours, tu pars à l’école avec l’envie d’y aller. Tu es un garçon souriant, plein de joie de vivre. Tu es rempli de tendresse et même si tu dois affronter cela tu acceptes les outils qu’on te donne et tu ne te décourages pas. Tu es petit et tu l’acceptes. C’est ça qui fait de toi un super héros. Tu gagnes chaque jour parce que tu restes un garçon heureux au travers de tout ça. Et chaque jour tu as hâte au lendemain, et tu te retrousses les manches et tu me dis :

- Demain Super Zumbeto ne fera pas de crise hein!

- Peut-être pas et sinon ce n’est pas grave! Parce qu’il est courageux, ça se voit dans son sourire, il va continuer sa journée, et continuer d’avoir du plaisir. C’est ça son vrai pouvoir. Être heureux quand même.


Louis-Gabryel, 7 ans

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