Je t'aimerais encore après la pandémie

Mis à jour : 23 mars 2020

Après la pandémie je t’aimerais encore.

Même s’il y a des jours ou dès que tu te lèves j’entre dans la chambre presque en courant et que ça ressemble presque à un changement de chiffre. Que j’ai ce besoin de m’isoler quelques minutes sans les enfants et que lorsque je reviens je voudrais retrouver mon mari, mais il est trop tard! Tu déjeunes au salon entouré de ce qui m’a monopolisé toute la journée en puissance trois. À ce moment tu n’es pas mon mari, tu es le père de mes enfants. Si je voulais être dans tes bras, je devrais me résoudre à le faire avec Louis-Gabryel glisser entre nos jambes, Stella qui sifflerait et Maxime qui nous crierait de nous trouver une chambre! Si seulement on pouvait! « Les hôtels sont fermés! Écoute la télé! »« Laisse faire! N’écoute pas la télé! » Non, je prends un numéro quand je veux retrouver un mari. J’imagine que c’est à ce moment précis que plusieurs abandonnent et qu’à l’usure c’est ce qui vient à bout des autres. Tous ces moments où le couple n’existe plus. Mais moi, ce n’est pas ce calin manquer qui m’achève. C’est ce moment lorsqu’on est tous à table et qu’on fait le tour de nos bons moments et que je suis toujours le tien et que sous la table cacher des enfants nos pieds se touchent qui me retient. C’est ce moment mon ancre au fond de la mer contre toutes les vagues. Qui m’empêche de bouger. Après tout c’est ainsi qu’on est tombé amoureux, tu m’as laissé de la place pour mes pieds sous une table. Et tant que nos pieds se touchent en temps de pandémie sous la table de la cuisine, sur le divan ou sous la douillette je sais que ça va bien aller. Peu importe mon moral quand tout va bien et surtout quand je suis crevée.

Je sais que je vais t’aimer encore après la pandémie du Corona virus même si les moments où je peux mettre mes yeux dans les tiens sont moins fréquents, parce qu’ils doivent être tout le tour de ma tête à la place et que ma patience est mise à rude épreuve et que j’explose sur toi plus tôt que sur eux. Je t’aimerais encore après la pandémie parce que quand la vie reprendra son cours normal je ne vois aucune autre personne à qui je pourrais raconter le meilleur moment de ma première journée à l’extérieur. Même si on se gosse, même si tes blagues ne sont pas toujours très drôles. Même si tes tocs sont étranges. Même si je ne suis pas patiente, même si j’abuse de mon charme pour camoufler mes autres défauts. Il n’y a que sur tes pieds que je veux coller les miens : pandémie ou pas. Je veux toujours sentir tes petits pieds du bonheur près des miens.

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